mardi, juillet 29, 2008

Lah' choukran allah wajib

Elles étaient bel et bien là, toutes les deux, fidèles au rendez-vous : Marrakech la rouge, l’agitée, la chaleureuse, l’accueillante et Essaouira la blanche, l’apaisante, la douce, l’envoutante. Aucun voyage là-bas ne ressemble au précédent, ni à un autre. Je me demande à chaque fois si les Marrakchis seront toujours aussi drôles, vivants, rigolards, et, aussi, si Essaouira sera encore là, avec son âme, si elle m’acceptera. C’est le cœur battant que j’aborde le dernier tournant de la route avant de la voir au loin, et, c’est tout aussi émue, un peu intimidée, avec beaucoup de respect que j’y fais les premiers pas. C’est une ville difficile, elle choisit ses invités, elle demande d’être traitée avec respect, presque avec déférence.

Nous avons passé les premiers jours du séjour à Marrakech, sous une chaleur écrasante, où la fraîcheur du patio et la quiétude de la maison étaient plus que bienvenus, et, nous avons pris le 6ème jour notre bus pour Essaouira. Et, le premier Mogadorien rencontré à donné le ton de notre séjour, alors que nous étions à la recherche de notre hôtel, un peu hésitants. Dans une petite ruelle déserte, nous voyons une minuscule boutique. Un homme à la courte barbe blanche et au regard rieur à l’intérieur. Nous lui demandons où se trouve le Riad, il prend un air sérieux et nous dit, « oh, c’est très loin d’ici, de l’autre côté de la ville », avant d’éclater de rire de sa bouche sans une seule dent en nous montrant du doigt le bâtiment en face de son échoppe. J’ai beaucoup aimé ce bienvenu sur le mode berbère. Puis, la découverte de la chambre, avec 4 fenêtres à 120° à la pointe de la presqu’île, sur l’océan, un rêve. Le bruit des vagues frappant les murailles en contrebas, le vent s’engouffrant dans la chambre, le plafond en bois, le sol en carreaux rouges, l’impression d’être au bout du monde, seuls, sur un vieux bateau. Partis ensuite en balade pour rejoindre la Squalah, humant avec délectation cet air vif, le calme absolu des allées, pas de voiture, pas de mobylette à Essaouira, juste le bruit des vagues, le murmure des Souiris et le son du vent, qui arrive de partout, 170 km de l’une à l’autre et un univers entre Marrakech et Essaouira. Trois belles journée et deux magnifiques nuits se sont déroulées ainsi, entre promenades, orgie de poissons grillés au port, longues pauses lectures à la terrasse de Ben Mustapha et discussion avec Haj Moussa, notre vieux monsieur édenté de l’arrivée, premier hippie de la ville dans les années 70, nous racontant qu’il a fait plus de 350 voyages au LSD, qu’il était ami de la troupe du Living Theater et de la plantureuse Petra (encore elle!), qui se baladait les seins à l’air la nuit dans les rues de la ville, que cette période était pour lui le jardin « d’Aden ». Comme d’habitude, je suis repartie le cœur lourd, avec toujours cette peur qu’elle ne soit plus là la prochaine fois, en me promettant d’y revenir le plus vite possible.

Le retour à Marrakech fût dur, longue route, agressivité des taxis à l’arrivée, klaxons à tout bout de champ pour atteindre enfin après plus de 4h00 de voyage, le calme de la maison. Avec un sentiment d’épuisement et de tristesse. Avec une sorte de désamour pour Marrakech, haïssant sa grossièreté, sa brutalité, son agitation. Comme à chaque fois.
Puis, après une nuit et une journée dans la maison, il a fallut sortir pour faire les derniers achats avant départ, en trainant les pieds. Et, j’ai eu honte de ce rejet que j’avais eu d’elle, qui sait se montrer tellement plus chaleureuse et magnanime qu’Essaouira, la gentillesse des gens qui sourient tout le temps, les négos légères et amusées dans les souks avec des commerçants vraiment aimables et sympathiques, alors que les Souiris sont bougons et semblent toujours mécontents, d’avoir les prix Marrakchis par ce que tel ou tel te connaît alors que je ne m’en souvenais pas, d’aller ensuite se poser sur la Terrasse, havre de paix au sein des souks et passer la dernière soirée à discuter avec mon vieil ami Kamel, qui, pour une fois, a eu le temps de s’asseoir plus de 5 minutes. C’est finalement rassérénée que je me suis endormie cette dernière nuit, avant de dire en revoir à tout cela le lendemain, toujours étonnée de la magie qu’opère Marrakech, qui semble si brouillonne, si désordonnée et où pourtant tout s’orchestre au mieux pour offrir un spectacle permanent, qui accueille avec simplicité et bonhomie ses visiteurs, où la vie y est bien présente.

Me voilà de retour à Paris avec encore plus d’amour pour ces deux villes, qui ne vont pas l’une sans l’autre, telle l’eau et le feu, l’une et l’autre se complète et permettent d’apprécier encore plus intensément leurs différences. Si chaque voyage est différent, chacun consolide encore plus cette certitude qu’une partie de mon cœur est résolument ancré au Maroc.


*musique en cliquant sur le tire du post : choisir "Mimouna"*

mercredi, juillet 16, 2008

Petra, das Telefon klingelt


Back from Hambourg. Je n'étais jamais allée en Allemagne et je pense que sans la présence d'un copain vivant là-bas, ce n'aurait pas été dans les destinations potentielles. Encore moins Hambourg dont j'ignorais quasiment l'existence. D'où, vraiment, excellente surprise.

Hambourg est une ville très étendue, verdoyante (ville la plus verte d'Europe, 2ème ville d'Allemagne), construite le long d'un fleuve (l'Elbe) donnant sur la mer du Nord et où, durant 3 jours, j'ai eu l'impression de visiter 10 villes différentes. Je ne saurais trop par où commencer. Un centre ville assez bourgeois, qui ferait penser à Genève, un lac central dans la ville, avec des bars sur pilotis, un quartier alternatif semblable à Soho, des canaux comme à Amsterdam, un climat variable mais tout de même, de bord de mer, des "plages" aménagées le long du canal reliant Hambourg à la mer. C'est juste délirant de s'asseoir sur du sable, en buvant un verre, comme si on était sur une plage Normande! Un quartier, Sankt Pauli, sur le port, le coin un peu "chaud", avec sa rue aux prostituées, comme à Amsterdam et surtout, des bars partout, et, lorsque je dis partout, c'est vraiment côte à côte et qui s'étend sur une artère qui pourrait être équivalente aux Champs Elysées. Et qui ne ferment pas de la nuit! Comme le métro, pour les changements, non seulement, on reste sur le même quai, mais, le métro du changement est timé sur celui qui arrive, on attend pas du tout, on traverse juste le quai, que du bonheur pour ma maniaquerie!

Un autre quartier que j'ai adoré, Astona, un peu du Greenwich village, un petit resto qui avait l'air d'être isolé du reste du monde avec une table de gens tellement eux qu'on se serait cru dans un film, m'a aussi énormément plu. Et, justement, en parlant de restaurant, j'avais d'énormes à priori sur leur cuisine, que j'ai trouvé en fait parfaitement équilibrée en quantité, en saveur, en service, simple mais vraiment convaincante. Et, aussi, humainement, les hambourgeois peuvent boire de l'alcool à flot et pourtant, rester corrects, par exemple. Ils sont aussi, avec les étrangers Français, vraiment courtois et accueillants. Il y a peu de tourisme à Hambourg et franchement à tort. Cette ville mérite vraiment d'être visitée et appréciée.

En marge de cela, nous étions là-bas avec un ami qui nous a fait connaître celui qui y vit, avec lequel il est ami depuis plus de 10 ans et nous étions partis entre potes, ceux du Summer break et de Marrakech. Et, dès le premier soir, c'est totalement parti en couilles ou en sucette, sans sexe pourtant (enfin, dans un premier temps...)!. Ce serait trop compliqué de tout poser ici, d'autant que je n'étais pas concernée directement, mais, on s'est retrouvé notre accueillant, mon amoureux et moi, pris dans une fusillade à la mitraillette qui n'en concernait que deux. Et qui avait du sens. Et qui était légitime. Ca aura eu comme intérêt de donner une dimension dramatique à un week-end idyllique. J'aurais pu en parler largement ici mais en fait non. Par ce qu'in fine, ce qui demeure pour moi, c'est le délice de cette ville, attachante, chaleureuse, accueillante. Notre "fürher" a donc été à la hauteur. Et aussi, un moment, bêtement simple et que j'ai néanmoins adoré, lorsque nous sommes rentrés Lui et moi à l'hôtel après le clash entre potes, à 2h00 du mat, où nous nous sommes pris une bière dans le mini-bar de l'hôtel, en écoutant de la musique et en parlant durant deux heures, juste là, en complicité.

La série des voyages continue vendredi, à Marrakech, mais, celui-ci a été superbe et très instructif, j'ai aussi beaucoup ri, en même temps, je suis tellement (honteusement) heureuse ces temps qu'il serait dommage de ne pas en profiter. Et, je me suis réconciliée avec l'Allemagne, pour laquelle, dans mon âme, sonnait encore inconsciemment un glas.

vendredi, juillet 04, 2008

London calling

Voilà ce qui s'est passé hier, cette bonne vieille Londres m'a appelée. Je ne l'avais pas vue depuis environ 17 ans, mais, je m'y suis sentie comme si je l'avais quittée la veille. Quel charmant accueil, quel sens du service, quelle douceur que de fréquenter cette honorable indécente vieille dame.

Arrivés tôt le matin, direction Portobello qui m'avait laissé un beau souvenir. Vide et désert. Bon. Petit dèj' à l'anglaise, ballade à pied, on prend un bus pour Oxford Circus puis un bref passage dans Soho, Piccadilly, Leicester, Covent Garden, la Tamise, une coupe de champagne au BFI, une pause pipi à la Tate galery, un passage par le Millenium Bridge, j'ai l'impression de me promener dans une petite ville de Province tellement il n'y a pas de voitures, de gens, tellement c'est paisible, comparé à Paris. Un peu de métro, un peu de bus, cette ville is so easy.

Je n'y ai passé qu'une journée mais ai eu l'impression d'un long séjour, puis, nos si chers ennemis anglais sont réellement courtois et "friendly", dans le service et lorsqu'on est paumé.
J'ai aussi adoré la terrasse couverte sur Leicester avec ces 4 anglais de 70 balais s'envoyant leurs pintes en plein après-midi, squattant 4 tables de 2 à 4 et refusant de les laisser aux touristes de passage, par ce que Londres, c'est aussi ça. C'est aussi les styles décalés, le côté provocant à la Amy, les grands rush d'entrée de métro, le multiculturalisme normal, ce dont nous sommes loin en France.

Néanmoins, je n'y ai pas ressenti cette "chose" qui fait que j'aime Paris ou Marrakech ou Palerme. C'est poli, courtois, mais sans chaleur, un peu comme à New-York, ça ce fait par ce que ça fait parti des règles. Mais, ce n'est pas assez latin. Quoi qu'il en soit, I Love London.

Suis rentrée totalement fourbue, harassée, mais heureuse. Merci Eurostar.