Nous avons passé les premiers jours du séjour à Marrakech, sous une chaleur écrasante, où la fraîcheur du patio et la quiétude de la maison étaient plus que bienvenus, et, nous avons pris le 6ème jour notre bus pour Essaouira. Et, le premier Mogadorien rencontré à donné le ton de notre séjour, alors que nous étions à la recherche de notre hôtel, un peu hésitants. Dans une petite ruelle déserte, nous voyons une minuscule boutique. Un homme à la courte barbe blanche et au regard rieur à l’intérieur. Nous lui demandons où se trouve le Riad, il prend un air sérieux et nous dit, « oh, c’est très loin d’ici, de l’autre côté de la ville », avant d’éclater de rire de sa bouche sans une seule dent en nous montrant du doigt le bâtiment en face de son échoppe. J’ai beaucoup aimé ce bienvenu sur le mode berbère. Puis, la découverte de la chambre, avec 4 fenêtres à 120° à la pointe de la presqu’île, sur l’océan, un rêve. Le bruit des vagues frappant les murailles en contrebas, le vent s’engouffrant dans la chambre, le plafond en bois, le sol en carreaux rouges, l’impression d’être au bout du monde, seuls, sur un vieux bateau. Partis ensuite en balade pour rejoindre
Le retour à Marrakech fût dur, longue route, agressivité des taxis à l’arrivée, klaxons à tout bout de champ pour atteindre enfin après plus de 4h00 de voyage, le calme de la maison. Avec un sentiment d’épuisement et de tristesse. Avec une sorte de désamour pour Marrakech, haïssant sa grossièreté, sa brutalité, son agitation. Comme à chaque fois. 
Puis, après une nuit et une journée dans la maison, il a fallut sortir pour faire les derniers achats avant départ, en trainant les pieds. Et, j’ai eu honte de ce rejet que j’avais eu d’elle, qui sait se montrer tellement plus chaleureuse et magnanime qu’Essaouira, la gentillesse des gens qui sourient tout le temps, les négos légères et amusées dans les souks avec des commerçants vraiment aimables et sympathiques, alors que les Souiris sont bougons et semblent toujours mécontents, d’avoir les prix Marrakchis par ce que tel ou tel te connaît alors que je ne m’en souvenais pas, d’aller ensuite se poser sur
Me voilà de retour à Paris avec encore plus d’amour pour ces deux villes, qui ne vont pas l’une sans l’autre, telle l’eau et le feu, l’une et l’autre se complète et permettent d’apprécier encore plus intensément leurs différences. Si chaque voyage est différent, chacun consolide encore plus cette certitude qu’une partie de mon cœur est résolument ancré au Maroc.
*musique en cliquant sur le tire du post : choisir "Mimouna"*

