Poings de vue

mardi, novembre 29, 2011

Prendre un enfant par la main


Lors d'un ancien post, j'avais déjà abordé le sujet épineux de la garde de la chair de ma chair, les différents moyens pour ce faire que j'avais investigué, pour au final opter, par élimination naturelle, pour un mode de garde qui me coûte environ ¼ de mon salaire annuel : la garde partagée. Bon, ceci étant réglé, j'ai envie d'aborder un autre « temps fort » de la vie de l'Enfant : le square.

En bonne parisienne qui se respecte, je me retrouve, comme tous les parents, sauf ceux qui sont suffisamment blindés pour avoir un jardin privatif à Paris, donc peu, au final, à me coltiner le square le week-end. Par ce que le Monstre l'Enfant a besoin de grand air et de se dépenser. Pour la survie de ses parents et aussi, pour la sienne. Car, un Monstre Enfant qu'on ne sort pas à tendance à pourrir votre ouïe, votre parquet, votre moquette, vos murs, etc... Donc, on se cogne le square plutôt que l'enfant. Le square, pour les nullipares qui donc ont l'énorme chance d'ignorer ce que c'est, est un espace clos, mais pas assez pour éviter les tentatives d'évasions des trucs galopants, avec des « jeux » qui sont tous plus dangereux les uns que les autres (j'y reviendrai plus tard), d'autres enfants (et ça, c'est vraiment la plaie) mais le pire étant qu'il y a ..... d'autres parents.

Les autres parents sont un véritable piège. La plupart ont l'air normal, comme moi quoi, qui regarde mon Monstre Enfant se croûter régulièrement en lui disant un sourcil en l'air : « et ben, tu tomberas pas plus bas ». Sauf que, peu le sont (aussi normaux, donc). Il faut ainsi faire preuve d'une grande prudence lorsqu'une conversation s'engage avec ces gens autour du bac à sable (c'est tellement convivial un bac à sable...). J'ai eu droit, par exemple, à celle qui avait lu tous les livres sur l'Enfant, et, qui me prodigua ainsi des conseils tous plus saoûlants les uns que les autres, sortant parfois son petit calepin de sa poche pour relire les notes concernant « le comportement adapté à avoir avec son enfant dans un espace public ouvert », ratant de ce fait (et tant mieux pour moi, elle m'aurait conseillé d'aller voir un pédo-psychiatre pour mieux gérer la violence de Junior (et moi, j'aime pas tout ce qui commence par pédo)) la séquence où mon doux bébé collait sa pelleteuse en métal dans la tronche du sien... Eu aussi, le père flippé (ils sont très très nombreux de cette espèce, au square). Le genre de type qui ne s'éloigne pas de 5 cm de sa progéniture et, que j'ai vu arracher des mains de la mienne de progéniture un seau avec lequel il jouait trop près de son Trésor. Pas grand chose à faire dans ce cas, envie de lui mettre ma main dans la tronche, mais, il paraîtrait que c'est un mauvais exemple pour l'enfant.

La semaine dernière, j'ai eu à faire à la dingo-psycho. Elle était assise avec sa gamine d'un an dans la cabane des tout petits, lorsque Attila, mon fils, ma bataille, y pénétra. Elle commence donc à lui expliquer qu'elle prend certes de la place dans la cabane, mais, c'est pas ce que sa fille est trop petite pour tenir debout (on s'en branle, elle était assise sa créature). Attila, mon fils, ma bataille, après l'avoir regardée d'un oeil morne et vide, l'ignora superbement pour prendre place en face et massacrer joyeusement le gâteau de sable (oui, les enfants parisiens font des gâteaux de sable et pas des châteaux, c'est comme ça) que faisait un autre môme. Ayant dans mon sac à malice des jouets, j'en passe un à mon gamin et comme la petite fille semblait intéressée, dans de bonnes dispositions ce jour là, j'en prête un à Miss Jetiensmêmepasdeboutàunanwaouhlahonte. Sa mère me regarde alors et me dit quelque chose en mimant avec ses lèvres sans la voix. Je hoche donc la tête d'un air entendu, me demandant sur quel specimen j'ai encore bien pu tomber. Là, elle me redit à voix très basse « j'ai commandé les mêmes pour Noël ». Ah, c'était donc ça ce grand mystère, que sa fille, encore au stade de boufchidor, ne comprenne pas quel cadeau elle aura pour la Nowelle... Résultat, depuis, Attila, mon fils, ma bataille est pété de rire quand je fais semblant de parler sans le son.

J'ai aussi faillit en venir aux mains avec une connasse dont la môme foutait des baffes à Attila, mon fils, ma bataille, j'ai dû intervenir en lui disant de ne pas le taper. L'autre connasse donc me sort « elle a une mère cette enfant, et c'est moi », ce à quoi j'ai rétorqué qu'elle n'avais donc qu'à faire son boulot de mère. Il y a aussi, l'enfant sauvage avec père démissionnaire. Le môme est tricard de tous les squares du quartier, c'est un brute qui arrache les jouets des autres de leurs mains, leur balance du sable à la tronche, les pousse du haut du toboggan et j'en passe. Je le vois arriver avec son air décidé vers mon fils, ma bataille (qui n'était pas Attila ce jour là) en disant « je veux son jouet » (qu'il avait dans les mains). Je lui rétorque que s'il te plaît, c'est pas du luxe et qu'en plus, c'est niet, vu que Junior joue avec. Là, le truc de 3 ans, 92 cm, me regarde et me dit : « si tu me le donnes pas, je te tape ». Je lui réponds donc : « essaie pour voir ». Et, le petit merdeux lève le bras pour me taper. Je pense que la clef que je lui ai fait pour lui péter le bras a dû bien le calmer, puisqu'il s'est barré fissa emmerder d'autres mômes. Sauf que là, le père des autres mômes s'est fait gauler par le père de la Terreur en train de l'éjecter, et qu'une vague de violence s'est abattue sur le square.

Ça, c'était le volet parents/enfants des autres. Mais, il y a le volet, mon enfant tout seul. Et ça, c'est pas non plus une partie de plaisir. Donc, Attila, mon fils, ma bataille, mérite plus que largement ce surnom. Dans ses faits d'armes, il y a, en vrac : 3 évasions réussies (sur environ 487 tentatives) avec arrestation par des adultes passant sur le trottoir, une bicyclette en pleine face après une fuite sur la piste à vélos (bilan, un bout de dent pété et une grosse bosse), un menton ouvert, 3 points de sutures pour un toboggan tête la première, un « trempé des pieds à la tête » suite à une tentative d'évasion avortée dans le bassin d'un square, environ 37 bosses en haut à gauche du front (il doit porter à gauche, je présume), et, quand je dis bosse, je devrais dire oeuf de poule, des attentats à répétition sur des mômes plus petits, (il adore les pousser pour le faire tomber et moi j'adore me confondre en excuses devant les parents furax), d'autres types d'attentats avec des armes (divers jouets balancés dans la tronche des autres, le sable aussi lorsqu'il se Saddamise avec les armes chimiques). En fait, si je suis tout le temps pas loin de lui, c'est pas tant que j'ai peur pour lui, mais plutôt pour les autres...

Je passe sur le sujet des moultes maladies exotiques choppées quotidiennement dans ce lieu idyllique, par le truchement de toutes les morves en présence et également, par l'ingestion de poignées entières de sable avec lequel mon fils, très hygiéniste, se fait régulièrement un peeling du côlon. Et dans ce merveilleux endroit qu'est le square, une maman ne doit pas avoir envie de faire pipi. Et oui. Les chiottes publiques sont toujours fermées, hors service, donc, on doit tenir parfois 3h00 sans aller satisfaire un besoin naturel, ce qui nécessite toute une organisation avant de partir : pas d'eau ni de café dans les 2h00 qui précèdent le départ du douillet home sweet home. Pour parfaire le tableau, l'hiver, on revient avec des orteils nécrosés à force de se geler à rien foutre et l'été, avec une insolation, par ce qu'idem, on reste à faire le piquet en plein soleil (sans rien boire, voir passage « le pipi au square » ci-dessus...)

En résumé, si vous décidez de faire des gosses, dans un environnement citadin, (les provinciaux ou banlieusards avec leurs jardins ne sont pas concernés) (et que donc, vous n'avez pas encore été trop cons pour déjà en faire), faut plein de thunes, pour payer une esclave nounou qui sera ravie d'y aller à votre place, des tonnes de patience et/ou un médecin compréhensif qui vous prescrira du Valium à usage familial ou pourquoi pas, à filer en douce aux Monstres des autres.

samedi, août 06, 2011

La facture d'électricité


Alors, alors, où en étions-nous ? En août 2010 donc.

Si j’arrive à tenir le rythme d’un post par an, ce ne sera pas mal déjà, étant donné que mon précieux temps est chronophagé un peu par le travail, énormément par un truc remuant de 86 cm (non, ce n’est pas ce que vous pourriez imaginer, je ne me suis pas recyclée dans le porno freaky, c’est d’un enfant dont je parle !).

Donc, depuis l’année dernière, quoi de neuf ? J’ai mis les pieds dans une nouvelle société, dans un univers qui m’était totalement inconnu jusque là : le service public. Et pas en tant qu’utilisatrice, non, non, non, pour y, comment dire, travailler ?

Choc des cultures ou des incultures. Je ne saurai trop par où commencer. La période d’adaptation a été un peu difficile, j’ai sensiblement eu du mal à intégrer le processus pour obtenir un cahier, par exemple. C’est à dire le nombre d’exemplaires du formulaires 2a et 3b + la feuille jaune claire à remplir et à faire signer à tous tes n+ quelque chose qui sont fort nombreux et, dont une fois que tu penses que c’est bon, t’as tout bien fait et que tu vas l’avoir ton beau cahier à spirale, on te dit, « Ah, on t’as pas dit, on a un nouveau chef, les formulaires ont changé, faut tout recommencer ». NAN !!! J’ai d'ailleurs appris une expression ici que je n’avais jamais entendue ailleurs, « faire et défaire, c’est toujours faire ». Ce qui résume assez bien les 10 mois passés chez ces rois de la glande qui se croient toujours débordés par ce qu’ils ont 3 mails à envoyer dans la journée et où règne en maîtresse la suceboullerie.

D’ailleurs, là aussi, c’est un grand mystère. Car, cette grande administration ne vire jamais personne, ça n’existe pas, même les pires des pires alcooliques, dépressifs, caractériels et incompétents sont maintenus en poste, voire même, gagne des galons. Alors, pourquoi autant avoir la trouille de perdre son boulot ? Et, pour ce faire, tous les coups sont permis, j’ai vécu, pour de vrai, une collègue qui vient prendre un travail que j’ai effectué de A à Z sur mon bureau pour aller le présenter à son compte au chef. Vécu aussi de me faire littéralement hurler dessus par le même chef, un personnage physiquement étrange, un mélange de gomina, de costard de traviole et de bracelet colifichet au poignet, croyant être à la pointe de la tendance, pour une peccadille qui n’était pas de mon fait, devant la personne responsable de l’erreur qui surtout, ne s’est pas dénoncée. Entendu, toujours dans des cris de barjos que je ne valais pas le salaire auquel je suis payée, enfin, la grande classe quoi.

Puis, aussi, l’entreprise publique, c’est le mur des lamentations, faut comprendre, c’est super dur d’être au 32 heures, d’avoir 10 semaines de congés, un jour par mois où il est toléré d’être malade sans justif et avec maintien de salaire, 6 jours en plus pour les mères de famille, la moitié du loyer payé en cas de mutation de 1 an à 10 ans parfois, les fournitures de rentrée des classes des mômes commandées directement sur le compte de l’entreprise, les coups de fil perso interminables dans des journées surbookées, oui, vraiment, il y a de quoi se plaindre. S’ajoutent les formations payées par la boîte en veux-tu en voilà, des séminaires luxueux organisés pour les (très nombreux) employés qui ne trouvent jamais ça assez bien, sans jamais aucune négociation tarifaire avec les prestataires. Ces gens qui sont les premiers d’ailleurs à trouver délirant que des intérimaires qu’on prolonge depuis 10 ans de contrat en contrat aient fait un procès pour se voir requalifier en Cdi. J’ai entendu un type dire de l’une d’elle « tu te rends compte, la salope nous a fait un procès ! ». Bah oui, bien au chaud dans leurs privilèges, pourquoi donc partager le gâteau avec ces crevards du dehors ?

Ceci est donc un résumé d'une année écoulée. Et, comme moi aussi je fais partie de l’armée de ceux de l’extérieur, bien qu’on m’ait fort généreusement proposé de prolonger mon contrat jusqu’à la fin de l’année, j’ai fait la semaine dernière mes adieux déchirants à cet univers épanouissant où mon rôle s’est cantonné à réserver des salles de réunions, changer des dates dans un agenda et occasionnellement, servir de punching ball pour un trouduc narcissique et caractériel.

Voici donc encore un cycle de terminé, et, sans mentir, je suis assez soulagée à l’idée de retourner en septembre, après de belles vacances bien méritées, dans le monde normal, même si je ne sais pas encore comment ça se passera, je sais en tout cas que je n’aurai plus à me cogner une bande de cotorep serviles et abrutis. Et, j'espère aussi que j'aurai l'occasion d'utiliser plus d'un demi-neurone, à force de les laisser au repos, ça s'use.

dimanche, août 08, 2010

Salam Hadji



Tout le monde s'en fout, mais pas moi, ni ceux qui ont eu la chance de le croiser. J'ai été attristée ce soir d'apprendre la mort de Haj Moussa dont je parlais là http://poingsdevue.blogspot.com/2008_07_01_archive.html




Bon dernier voyage à vous Monsieur.

mardi, août 03, 2010

Dur dur d'être parents

Avoir un enfant, est, d'après ce qui se dit, la chose la plus belle, la plus formidable, l'accomplissement d'une vie d'humain, tout ça, tout ça quoi... On omet de nous parler d'un paquet de "petites" contraintes et des grosses responsabilités lorsqu'on fait l'apologie des mini-nous.

Je ne vais pas mentir, y'a des trucs dont on se doute un brin : fini de dormir jusqu'à pas d'heure (et d'ailleurs, par conséquent, de se coucher à pas d'heure), fini les soirées à se poser autour d'une (ou plusieurs) bonne(s) bouteille(s) en fumant plein de clopes et en écoutant (fort) de la musique. Terminé aussi les beaux ongles longs et vernis, les brushing impeccables et les bijoux. On oublie pour quelques années également l'idée même de porter des fringues un peu haut de gamme, à moins d'avoir un énorme budget pressing, par ce que oui, un bébé, ça salope tout. Et, il suffit de s'être habillée pour sortir pour qu'il vous dégueule dessus (ou variante, vous urine dessus...). On oublie d'ailleurs simplement l'idée de porter une tenue qui resterait propre durant une journée entière (à moins de porter un ciré marin dessus, c'est mission impossible). Je passe aussi sur le fait que ces petites choses bougent beaucoup et ne font aucun effort quant à anticiper les dangers, tout en ayant un sens de l'équilibre plus qu'approximatif. Résultat, ça tombe beaucoup, ce qui angoisse assez les parents (bah oui, ce n'est pas notre vieux lecteur mp3 qui s'étale là devant nous de tout son long...), et qui, par conséquent, génère prématurément des rides liées aux soucis.

Dans les joies de la parentalité moderne, se pose la question de "comment faire garder la prunelle de nos yeux, sans que ça dézingue totalement le budget de la famille, tout en étant sûrs que notre trésor sera entre de bonnes mains?". La crèche municipale, le Graal suprême, et bien, à moins d'avoir pensé à s'inscrire le jour de la conception et d'y retourner tous les mois pour montrer que ça pousse et qu'on est super motivée, c'est mort. Je le saurai pour le suivant... Ensuite, les crèches privées, même combat, il faudrait harceler les directrices toutes les semaines pour montrer sa motivation et ça, je ne sais pas faire. Après, on réfléchit du côté de l'assistante maternelle, budget un peu supérieur et, lorsqu'on les observe au square, papotant entre elles et n'en ayant rien à battre des marmots qu'elles gardent, on sent moyennement cette solution. Alors, que reste-t-il? Et,bien, il existe la crèche parentale...

La crèche parentale... Bon... A la base, on se dit que c'est super de faire garder son petit tout en étant présent auprès de lui, qu'il y a plus de monde pour s'occuper des bambins, que la cuisine est faite sur place, par une cuisinière, un monde idyllique en fait. Puis vient la première étape (compter environ 48 niveaux pour accéder à la dernière plate-forme), qui consiste à aller visiter la crèche, le soir, avec l'enfant (son 1er entretien de recrutement, trop pas mignon), le papa, en présence de 2 membres de la crèche. Là, on commence progressivement à sentir le truc. Nous sommes reçus par Hildegarde, Allemande rèche et raide d'environ 45 balais (à moins que la macrobio fasse vieillir prématurément ou bien les crèmes à base de placenta de jument, j'sais pas trop) et Carolina, vraie bobo-bio-écolo version 18ème arrondissement. Carolina, nouvelle acceptée dans cette crèche, est morte de trouille devant le sergent Chef Hildegarde, qui la reprend régulièrement du coin de l'oeil... Visite se passe, on nous explique que les enfants mangent bio, ce à quoi je dis que je trouve ça super même si, si on avait pas le choix, il ne mangerait pas bio. Oh la dingue! Le regard d'Hildegarde m'a fait comprendre fissa que je n'étais pas dans les clous (recyclables) de la crèche. On nous explique ensuite, à la fin de la visite, les "6 piliers" de la crèche (je ne blague pas, elles le disent comme ça!). Un consiste à faire un WE de ménage complet tous les 2 mois, bouche d'aérations, verrière et jouets compris. Après tout, pourquoi pas, même si déjà avoir ce timing ménage pour chez moi, ça me parait difficile... Il y a bien entendu, 1/2 journée de présence par semaine, normal. Il y a une réunion pour discuter de la forme des couches, leur matière, la couleur des carottes, la forme et les matériaux des jouets, etc... toutes les 3 semaines de 20H30 jusqu'à souvent 1h00 du mat'. Moui, ça tombe bien, moi, le soir, je me fais tellement chier que je frémis de joie à l'idée de participer à ce genre de débats palpitants. Ah, il y a aussi des journées de "permanence", en cas de vacances d'autres parents, des réunions tous les lundis soirs pour parler de l'avancée du déménagement. Et, j'oublie, des dossiers à suivre. Chaque famille a un ou plusieurs dossiers à suivre et vu mon karma, je vais récolter les achats de grains et de racines pour nourrir les bébés-bios...

Suite à cette fort instructive réunion, on passe à la phase 2 : aller passer 2 demies journées à la crèche (chacun, soit 4 en tout) pour "observer". Ce qui consiste à passer plus de 4h00 assise sur une chaise d'enfant (car, bien entendu, il faut être à hauteur de l'Enfant), sans rien faire, sans leur parler, à peine les regarder. Et oui, j'ai été assez mauvaise pour oser dire qu'un petit garçon était vraiment mignon. Là, la puéricultrice m'a regardée courroucée "mais, ils sont tous mignons ici!". Euh, même le petit tonneau avec les oreilles décollées et le nez au milieu du front? Ok, ok, je sors... De mon (mini) poste d'observation, j'ai ainsi pu voir arriver les parents et leurs enfants. Et, regarder aussi le fonctionnement de la crèche et des gens entre eux. Je ne sais pas si c'est ce qu'ils mangent ou quoi, mais, ils ont tous un sourire bienheureux sur le visage, se parlent étrangement et au final, je suis rentrée chez moi en disant à mon cher et tendre que cet endroit avait toutes les caractéristiques d'une secte. Je devais me recogner une autre demie journée d'observation, mais, j'aime autant que Monsieur aille voir par lui même afin de se faire une idée précise de la chose avant que je repasse 4h30 d'un ennui abyssal... Et, après tout ça, vous demanderez-vous? La famille postulante est soumise au vote de la totalité des familles et doit récolter l'unanimité pour accéder à ce que j'appelle un deuxième travail, pas payé et avec des gens qui ont l'air vraiment supers chiants, tout ça pour le bonheur de Môsieur Bébé...

A présent, depuis le début du processus, je vis dans un stress permanent dans mon quartier, de peur de me faire gauler entrant au Monop' pour acheter des petits pots industriels ou des couches jetables et non pas chez Naturalia en face. Ou bien, prise d'une furieuse envie de Mc Do, j'envisage dès lors d'y aller en Niqab, histoire de ne pas me faire repérer. Et encore, achetant du Doliprane bébé à la pharmacie, je scrute aux alentours de peur de me faire aligner en train de prendre du chimique et non de l'homéopathie! Quant à un verre de blanc (aux sulfites) en terrasse avec une clope au bec, je l'ai définitivement rayé de mes plaisirs de quartier, je me rends à l'autre bout de Paris si ça me prend... Tout ça pour une hypothétique place qui se libérerait peut être en janvier voir, avril. Oui, vraiment, c'est que du bonheur d'avoir un enfant!

samedi, janvier 30, 2010

A long way home

Et bien voilà, une nouvelle année a commencé, j'ai un peu abandonné ce blog, il est possible que ce soit définitif ou que les posts soient très sporadiques. Que donc s'est-il passé depuis mai dernier?

Tout d'abord, j'ai arrêté de fumer et, étrangement, j'ai arrêté d'écrire. Pas si étrange d'ailleurs, le rituel de l'écriture se faisait avec le paquet de clopes, le cendrier à côté, de la musique. Alors, forcément, sans mon amie la tige, c'était devenu difficile. Puis, j'ai concentré pas mal d'énergie sur un nouvel épisode de vie que l'on nomme "enfant". Le petit d'homme est arrivé en novembre et, bien que pendant des années je me sois défendue du désir de maternité, certaines choses deviennent naturelles, indiscutables, au dessus de tout. Pour en arriver là, il fallait bien entendu rencontrer l'homme qui m'a donnée l'envie, la confiance. Le night drive est devenu un beautiful day permanent.

Ceci dit, ces "petits" changements n'ont pas altéré ma capacité à m'agacer du monde qui m'entoure. Si je devais faire un florilèges des choses qui m'ont foutu le plus en rogne ces derniers mois, je devrais déjà en imputer un paquet aux membres de l'UMP et à Nicolas Sarkozy. De la nomination de son rejeton à l'Epad, en passant par Morano et ses propos racistes, Hortefeux et ses Auvergnats, Besson et son débat sur l'identité nationale, Fadela Amara qui propose que Jean Sarkozy saisisse la halde pour discrimination et j'en passe... Une belle brochette de champions de la discorde. On tentera d'oublier le débat stérile et pousse à la haine sur la burqa, alors qu'en France le chômage passe la barre des 10%, que les gens dit "intégrés" qui travaillent, ne bouclent plus leurs fins de mois, ne parviennent plus à se loger, qu'on met en prison des syndicalistes qui font avec les seuls moyens qu'ils ont pour se faire entendre, alors qu'on continue d'offrir des bonus monstrueux aux traders qui ont manqué de faire s'écrouler tout un pan de l'économie mondiale. Tout cela est fortement dégueulasse et nauséabond.

Côté PS, ce n'est pas mieux, ça se tire dans les pattes à coup de battes de base-ball, aucune cohérence, aucun programme, pas de chef légitime, aucune alternative n'apparaît à 2 ans des prochaines présidentielles. On va encore se refarcir le nabot hystérique et démago pour 5 ans, c'est couru d'avance.

A part ça, hier, Georges Frèche, charmant élu de la région Languedoc-Roussillon, déclarait qu'il ne voterait pas pour un type comme Fabius qui a une tête pas catholique et aujourd'hui, l'équipe de football du Togo qui a été prise dans une embuscade en se rendant à la Coupe d'Afrique des Nations, y laissant une personne et 9 blessés est interdite par la fédération africaine de football des 2 prochaines CAN pour avoir déclaré forfait, c'est énorme! Dans quel monde vit-on?

Il y aurait beaucoup encore à dire, il s'en passe des évènements en 8 mois, de Berlusconi et ses frasques, en passant par l'Iran et son tyran, sans oublier la Suisse qui n'a rien perdu de ses réflexes délateurs. De quoi alimenter des pages et des pages de colères. Néanmoins, j'aime autant me concentrer sur mon essentiel, et me dire que l'année 2010 sera belle.

Bonne année donc!


lundi, mai 25, 2009

Kafka is alive

Nous avons tous un jour ou l'autre eu à faire avec l'administration française...

Je me rappelle de ma grand-mère, il y a un an ou deux, qui, s'apercevant que sa pension était subitement suspendue, appela sa caisse de retraite. Là, l'opérateur au bout du fil lui expliqua que ladite caisse n'ayant aucune preuve qu'elle était réellement en vie avait interrompu purement et simplement ses versements de retraite. Imaginez comme il est agréable de s'entendre dire que peut-être on est morte ou qu'à un certain âge, y'a de gros doutes sur votre état de vie. Et, le mieux, c'est que pour prouver qu'elle était donc encore en vie, il lui a fallût envoyer une lettre sur l'honneur attestant qu'elle était toujours en vie. Le truc totalement délirant, puisque n'importe qui aurait pu le rédiger et le signer en son nom pour percevoir frauduleusement ladite retraite.

De mon côté, j'ai perdu il y a un paquet de temps ma carte vitale. En septembre dernier, j'envoie un 1er courrier de déclaration de perte pour la faire refaire. Sans nouvelle. Je réitère ce courrier en décembre (me disant que 2 mois, ça faisait suffisamment long et que la précédente requête était probablement aux oubliettes). En février, toujours rien... Je me décide donc à les appeler, là, on me dit qu'ils ont bien ledit courrier, que c'est en cours de traitement, que je vais recevoir le dossier à remplir. Bon. Un mois après, toujours rien reçu. Je rappelle (courageusement). L'opérateur m'indique qu'en fait, mon dossier n'est pas complet, qu'ils n'ont pas ma nouvelle adresse. On en est donc à plus de 6 mois depuis ma 1ère demande, si vous avez bien noté... J'essaie de ne pas m'énerver et indique juste à mon gentil conseiller, que je suis surprise que sa collègue ne m'ai pas fait part de ce "détail" un mois auparavant. On en est plus à ça près après 6 mois, me direz-vous.

Je reçois donc un mois après mon dossier complet pour demander la nouvelle carte vitale, avec photo. Je vais donc faire faire des photos d'identité comme requis par l'administration, je photocopie mon passeport sur du A4, comme notifié au dos du formulaire et renvoie le tout, ayant néanmoins l'intuition que ça ne pourra pas être si simple que ça. Et, il semblerait qu'avec l'administration, j'ai un bon instinct.

J'accuse réception ce samedi d'un courrier de l'assurance maladie, je crois donc benoîtement que youpi, j'ai enfin cette carte tant désirée. Que nenni. 2 feuillets. Un correspondant à mon dossier et l'autre, un courrier qui me notifie très sérieusement que "la photo d'identité transmise ne ressemble pas à celle de ma pièce d'identité" et "la photocopie de ma pièce d'identité n'est pas conforme à ce qui était mentionné". Ce n'est pas une blague. Mon passeport date certes de 2003, mais, je n'ai pas tant changé que ça, tout de même. Que faire? Une chirurgie esthétique express? Trouver une jeune femme qui aurait la même tête que moi en 2003? Et, pour la photocopie, comment puis-je faire autrement un A4 qu'en faisant un A4? A ce point là, je ne parviens même plus à m'énerver.

Je renouvelle donc ce jour un appel à la CPAM (il faut néanmoins reconnaître que la plupart des conseillers que j'ai eu sont à la fois efficaces et sympas, on ne tombe pas dans des call center en Inde, c'est déjà ça). J'expose mon souci à la conseillère, qui elle même reste assez interloquée, ayant accès à mon dossier et donc, à mon passeport scanné (donc conforme...). Devant ce mystère mystérieux auquel elle n'a encore jamais été confrontée, elle en réfère à son responsable et me rappelle dans les 5 minutes (j'apprécie, vraiment). La solution sera donc de me rendre à mon centre de sécu (et, je peux vous dire que, où je vis, dans le 18ème, il va falloir que j'y aille armée de ma valise de valium), accompagnée de ma vieille tête et de ma nouvelle photo, pour qu'ils certifient que je suis bien conforme à mon passeport.... C'est énorme.

La suite après la visite au centre, auquel je ne peux pas aller aujourd'hui, par ce qu'ils sont en grève et qui était "exceptionnellement" fermé, sans aucune raison, la dernière fois que je l'ai tenté, il y a 3 mois. S'il existe un saint de la patience (définition : la patience est l'aptitude de quelqu'un à se maîtriser face à une attente, à rester calme dans une situation de tension ou face à des difficultés, ou encore la qualité de persévérance ), qu'il me vienne en aide.

mercredi, mai 20, 2009

Ca m'énerve ! (bis)

Le professeur de philo qui avait crié "Je te vois Sarkozy", a été condamné à une amende de 100 €, 150 étant le minimum requis pour pouvoir faire appel, bien vu les juges.

L'édito de ce jour du Figaro recommande, demande, préconise, que soient jugés les élèves ayant bloqué les universités pour protester contre les réformes du gouvernement.

Tout va donc pour le mieux dans le meilleur des mondes....

mardi, mai 19, 2009

Ca m'énerve!

Long abandon de ce blog tiens... Bon, déjà, un petit séjour au Maroc, parfait, comme d'habitude, soleil, ballade, sourires, repos, bonheur. Puis, j'ai pas grand chose à dire non plus. Ce temps pourri persistant me mine le moral, envie de rien. Alors, je lis, je regarde des films (beaucoup), j'attends la sortie avec impatience de certains présentés à Cannes : Almodovar, Audiard, Tarantino. Tout cela pour dire que c'est un programme plutôt au ralenti et que j'ai peu à dire.

Néanmoins, pas mal de choses continuent à m'énerver (étonnant, non?). J'ai lu une ignoble daube en vacances, : Panthéon, de Yann Moix. Enfin, quand je dit lu, j'ai commencé à le lire, puis ai lu une phrase toutes les 2 ou 3 pages, puis, je l'ai enterré au fond d'une poubelle pour m'assurer de n'infliger à personne une telle tannée. En résumé, voilà un type qui croit que se bourrer le pif de cocaïne rend talentueux, hors, ça ne fonctionne que lorsque on a déjà le talent. Il croit inventer des jeux de mots supers ironiques alors que c'est simplement atterrant, il écrit n'importe quoi au kilomètre (merci l'effet coco), remplissant les pages de néant, c'est honteux, vraiment honteux d'éditer des gens pareils alors que des vrais auteurs restent dans l'ombre. Comme chante "Helmut Fritz :"za m'énerve".

J'ai également eu l'occasion de survoler 10 minutes du nullissime "Coco" de Gad Elmaleh", qui a fait de la retape sur tous les plateaux en se croyant cinéaste. A vrai dire, même pour une pub de pâté pour chien, je ne l'engagerais pas. Lui pour lequel j'avais une certaine sympathie, là, je peux dire que j'éprouve un mépris certain .

Ce qui m'énerve aussi, c'est cette manie des journalistes, alors que les reportages sur le marché de l'emploi, le chômage, la crise, etc... fleurissent, de ne plus utiliser le terme de travail. Un tel à trouvé un "job" d'ingénieur commercial, Une telle recherche un "job" de fleuriste, et ainsi de suite. Ce tic de langage est dangereux, il dévalorise la valeur du travail., il précarise l'emploi. Le mot job, ça fonctionne pour les étudiants l'été, qui cherche un appoint à leurs revenus, on ne signe pas un "job" en CDI. Mais bon, la médiocrité du monde journalistique télévisuel n'est plus à démontrer.

D'ailleurs, à ce sujet, j'ai passé 5 jours chez mon grand-père, que j'aime et que j'adore, mais, qui pour des raisons qui ne regardent que lui, a décidé de choisir comme dernière compagne, il y a 25 ans, une femme d'une bêtise navrante. Ça fait donc tout ce temps qu'il faut se coltiner sa courge. Et quand je dis courge, je suis vraiment très très magnanime. Avec elle, on a droit tous les soirs au JT de TF1 à fond pendant le dîner et surtout, il ne faut pas parler durant des reportages aussi intéressant que la tonte des moutons gris du Larzac ou l'arrivée des vacanciers sur la côte d'Azur. Il faut savoir aussi qu'elle a une place à laquelle elle s'assoit, télécommande à la main et qu'il ne faut surtout pas prendre le risque de tenter un changement de place. Qu'il ne faut pas laisser un magazine déplacé plus d'un minute, autrement, ça perturbe ses repères, qu'il lui faut une semaine pour lire Paris Match, doigt posé sur la page, au ligne à ligne, langue sortie... Qu'elle ne comprend pas pourquoi elle a repris 10 kg après une opération de réduction du ventre il y a un an alors qu'elle met une demie plaquette de beurre pour la cuisson d'un poulet et qu'elle fini la sauce au pain, sans respirer. Qu'elle n'en rame pas une dans la maison, met les tapis de bains, serviettes, peignoirs, au pressing, il lui faut néanmoins une demie journée pour repasser les 3 T-shirt et 2 pantalons restant. Affligeant. Y'a rien à faire, serrer les dents et passer le moins de temps possible en sa présence, ce qui est assez délicat lorsque, comme moi, on a aussi envie de voir son grand-père....


Autrement, je ne vais pas passer en revue tous ceux qui m'énervent sévèrement, comme ce porc de Kouchner qui a su habilement retourner sa veste, soutenant avec ferveur la politique de Nicolas S., Eric Besson, de même, le parfait petit collabo, Frédéric Lefebvre, grossier, tête de fion, irrespectueux porte-parole d'un gouvernement qui ne mérite pas mieux que lui, Rachida Dati qui fait parler son chirurgien pour montrer à quelle point elle est une femme sensible et courageuse (Cf. son retour au boulot 5 jours après son accouchement) alors qu'elle n'a absolument rien foutu durant son mandat de garde des sceaux, laissant les prisons continuer à s'écrouler, les surveillants à se suicider et les juges se faire malmener. Et, ce citoyen jugé aujourd'hui pour trouble à l'ordre public pour avoir crié, lors d'un contrôle d'identité musclé à Marseille "Je te vois Sarkozy". J'évoquerais rapidement les étudiants sacrifiés cette année par ce que Pécresse les a pris en otages pour ne pas céder aux revendications des enseignants chercheurs, qui bossent dans des conditions navrantes et auxquels on veut enlever encore des moyens de faire leur travail le moins mal possible. Ça pue, vraiment, la France pue.

Voilà, pour quelqu'un qui n'avais pas grand chose à dire, au final, il y a un peu de matière. Mais, soyez rassurés, beaucoup plus de choses me rendent heureuse, et, il serait trop long de tout écrire ici, puis, souvent, le bonheur des autres est quelque chose d'assez abject, je vous dispenserais donc de vous dire "et gnagnagna et gnagnagnagna". Peut-être une prochaine fois!

samedi, mars 28, 2009

Douce France

Aujourd'hui, je discutais avec une de mes amies, dont le travail consiste à
défendre le droit des sans-papier. Elle me disait avoir été débordée ces derniers temps et je lui demandais donc, du haut de mon bon sens naturel, pourquoi son cabinet ne refusait pas des dossiers alors qu'ils avaient du mal à gérer ceux en cours. C'est là qu'elle me contât la petite histoire suivante.

La semaine dernière, elle reçoit un appel d'un de ses amis, étranger, étudiant légalement en France, avec donc des papiers en règles. Ce jeune homme avait comme seul tort d'habiter Aubervilliers. Un matin de la semaine dernière, donc, on frappe violemment à sa porte, la police. Il est à l'intérieur de son domicile et dit qu'il arrive, qu'il va ouvrir la porte. Ce qu'il n'a pas eu le temps de faire, les zélés policiers l'ayant défoncée avant. Ils le menottent, l'allongent au sol, fouillent l'appartement, vérifient ses papiers, ne trouvent rien d'illégal (même pas un petit bout de hasch, le jeune homme en question ne consommant pas). Il se retrouve néanmoins , toujours menotté, embarqué avec les autres habitants de l'immeuble. La descente de flics avait pour but de débusquer des trafiquants-squatteurs occupants l'immeuble. Il proteste que sa porte d'appartement est défoncée et qu'on risque de le cambrioler, les serviteurs de l'état lui disent de ne pas s'inquiéter, que certains d'entre eux vont rester sur place. On le jette dans l'estafette, au sol, allongé sur d'autres personnes, par manque de place.

Une fois au commissariat, il a droit à la fouille intégrale, nu, on le colle ensuite en cellule de dégrisement, alors qu'il n'avait pas une goutte d'alcool dans le sang. On ne l'autorise pas à passer le fameux coup de fil légal, on lui déconseille de faire appel à un avocat, on ne lui propose pas de voir un médecin. Il est retenu toute la journée, interrogé sans l'aide d'un traducteur, sachant que son français est très approximatif. Pas un verre d'eau ni un sandwich ne lui est offert durant sa longue garde à vue. Lorsqu'il relit les PV rédigés par les fonctionnaires, on le presse de lire plus vite et instamment de signer. Finalement relâché à 19h30, avec de vagues excuses, étant donnée sa totale absence de lien avec l'affaire pour laquelle la descente avait eu lieu, il n'a plus qu'à rentrer à pied chez lui. Où il retrouve son appartement dépouillé, il est musicien et tous ses instruments de musiques, de valeur pour certains, ont été volés. Il retourne donc au commissariat pour faire sa déclaration de vol, le fonctionnaire qui l'accueille le reconnaît et lui indique qu'il ne peut pas porter plainte sans certificat d'hébergement de la part de son propriétaire.

La suite de cette histoire? Il a des bleus sur les poignets à cause des menottes, a quitté terrorisé son logement le jour même pour aller se réfugier chez des amis, est totalement traumatisé, ne pourra jamais se faire rembourser les instruments qu'on lui a volé et doit avoir une bien piètre image du système français, assez proche finalement du régime de Pinochet que ses parents ont connu... Le cabinet de mon amie a envoyé un courrier au commissariat les accusant d'être responsable du vol et a reçu en retour un courrier le menaçant de le traîner en diffamation. Ils ont également prévenu la préfecture et l'IGS mais, rien de tout cela n'excusera ce qui s'est passé et ne rassurera ce garçon maltraité par notre police, et, à mon avis, n'aboutira à rien du tout, qu'en a-t-on à faire d'un étranger étudiant, sans appui politique, sans importance et finalement, qu'on a traité à la manière des républiques bananières et des dictatures?

Combien de cas comme ça tous les jours dans notre beau pays? Et, quel écho dans les médias? Rien, absolument rien. Et pourtant, ce n'est certainement pas un cas isolé. Il n'y a pas à dire, bel exemple de respect des droits de l'homme en France. A vrai dire, cette expression n'a plus aucun sens dans notre pays, ultra-sécuritaire et avant tout oppressif, insultant pour l'individu lambda, injurieux envers les fondements de notre république, "Liberté, Égalité, Fraternité", qui sont tous les jours traînés dans la boue et outragés par des serviteurs de l'état dont le comportement nous fait honte. Comment reprocher ensuite à des gamins de ne rien respecter lorsque l'état et ses représentants sont infoutus de donner l'exemple? Où on va demander à des jeunes qui se baladent dans Paris ce qu'ils font là (sous entendu, restez dans vos ghettos, sous entendu, la libre circulation des personnes n'existent pas). Où on va rafler, sans distinction, sans considération, dans le mépris de la loi, des gens, qu'ils soient coupables ou non.

Je ne dis pas et ne pense pas que tous les policiers de France se comportent comme des gestapistes de la grande époque Vichyste, j'ai plutôt l'intuition, que, comme pour les jeunes de banlieues, une minorité de ces gens ont un comportement qui nuit à la majorité de ceux qui tentent au quotidien de faire leur métier correctement et, qui, j'ose le croire, ont choisit cette fonction de gardien de la paix par ce que justement, les valeurs républicaines représentent quelque chose pour eux, et non pour jouer les cow-boy à la mode Abou-Ghraïb.

mercredi, mars 11, 2009

Le dîner de con(s)


Après toute une série de posts sur des sujets assez sérieux, je me suis dit qu'il était temps de revenir à mon petit univers, histoire de ramener un peu de légèreté sur ce blog. Je vais donc vous dépeindre mes dernières expériences en terme de mondanités.

Il y a quelques temps de cela, mon Amoureux et moi-même étions conviés, ainsi qu'un autre couple, à un dîner chez un troisième couple composé d'un vieil ami de mon bien aimé, récemment marié à une damoiselle que mon cher et tendre m'avait décrite comme une face de limande sans aucun intérêt et, que je nommerais, pour des raisons de confidentialité, Bérangère. Bon, déjà, l'idée d'un dîner "couples", ça m'amuse moyen, ça pose tout de suite un cadre un peu étriqué. Nous avions repoussé au maximum ce rendez-vous au sommet, et, à cours de prétextes, il a bien fallut s'y coller.

Nous arrivons donc là-bas, et, je reconnais que ma languedeputerie naturelle était pressée de rencontrer la-dite. J'ai donc eu confirmation qu'elle avait du rencontrer bébé ou enfant un camion qui lui avait sensiblement aplati le visage et qu'en plus elle était dotée de charmants gros mollets rustiques et bien arqués que la décence eu requis qu'ils soient couverts par un pantalon et non laissés à la vue de tous au moyen d'une robe. Mais bon, ne nous fions pas aux apparences... Apéritif "parfait", discussion superficielle, on passe à table, tout se passe en parfaite courtoisie, tout le monde picole bien. Vers le fromage, ayant épuisé tous les sujets de conversations possibles avec cette catégorie de personnes, on décide de faire un jeu du type chacun son tour doit citer un état des U.S.A., dès le second tour, je me plante (ça arrive, hein) et elle, à l'autre bout de la table, tend son index vers moi en beuglant : "éliminée, t'es éliminée!". Je la regarde en lui disant "oui, oui, Bérangère, je suis éliminée, ne t'énerve pas", les autres convives se marrant tout de même devant la violence puérile de notre hôtesse. Le dîner se termine, au moment du café, il faut bien trouver un autre jeu pour finir cette navrante soirée faute de conversation possible, et, elle, passablement éméchée, assez agressive, s'en prend à un autre convive assez violemment. Charmante soirée, décidément. Nous sommes tous finalement assez contents de sortir de là... Sauf que...

Sauf que, ayant reçu tout de même un peu d'éducation (parfois, je ne vous en suis pas reconnaissante chers Parents), il faut bien qu'un jour ou l'autre nous rendions l'invitation. On se dit qu'à 4, ce sera pas possible de les supporter et cherchons dès lors quels amis nous pourrions embarquer dans cette galère, sachant que le couple qui se les était déjà cogné, c'était mort, ils ne signeraient pas pour un match retour. On fini par sélectionner deux punis, on a un peu de mal à trouver une date et finalement, les deux numéros complémentaires ont un empêchement et il est trop tard pour annuler le dîner. Donc, samedi soir dernier, nous voilà prêts au sacrifice d'une soirée par politesse. Le couple arrive, déjà, dès l'entrée, damned, elle a remis une robe, mais c'est pas possible ça! Même avec des bottes, ça se voit le carnage... Ensuite, la traditionnelle visite de l'appartement, puisqu'ils n'étaient jamais venus. Il faut préciser pour une meilleure compréhension de la suite qu'ils viennent d'acheter un appartement dans Paris et que par conséquent, ils en ont visité quelques uns. Là, grand moment d'envie de sortir la boite à claques : "oui, oui, du parquet, c'est pas mal" "Ah, une fenêtre dans chaque pièce, ça valorise", "des moulures, hum, bien", une visite façon estimation d'un bien en vue le l'acheter, cette conne se permettant même d'ouvrir un placard dans l'entrée! Mais, d'où ouvre-t-on les placards chez les autres??? Ca se la raconte petite bourgeoise et ça se comporte comme une gougnafière qui ne serait jamais sortie de son trou. Je serre les dents, car, moi, on m'a bien élevée.

La suite de la soirée? Ils ont détaillé tous les objets qui se trouvent chez nous, essayant d'en estimer la valeur et comparant dans leurs minuscules têtes à ce qu'eux possèdent, on a eu droit une fois encore au récit de leur voyage de noces aux Maldives (putain le cliché), de leurs rencontres avec les autochtones "tellement authentiques" de Ceylan, des difficultés avec les locaux à Marrakech (pour mémoire, ce con avait proposé cet été à mon amoureux , alors que nous partions à Marrakech, de lui expliquer comment il fallait négocier avec "ces gens là"). S'ensuivent tous les supers restos qu'ils se sont faits. On a droit après aux détails sur la grossesse de Bérengère, qui a 2,5 mois porte déjà des fringues de femme enceinte pour bien montrer qu'elle accède au statut si exceptionnel de mère, le genre à se tenir les reins avec ses mains et le ventre en avant dès la conception... Et lui de nous expliquer qu'il passe ses journées sur auféminin.com "un site tellement instructif" en tant que père moderne et impliqué, et elle de me dire que si je veux un bébé, il faut absolument que je trouve tout de suite la clinique, comme si j'étais une beatnik à côté de la plaque. Je les ai surnommé "le couple témoin", comme on fait des maisons témoins, bah eux, c'est du clef en main avec tous les clichés inhérents à leur âge et à leur condition, que du bonheur. D'ailleurs, ils ne parlent que d'eux, n'ont pas posé une seule question et lorsque je me suis risquée à tenter un échange, j'ai eu l'impression de les emmerder prodigieusement, forcément....

Soulagement donc après qu'ils soient partis, sauf que, j'ai été réveillée à 6h00 du matin, avec des spasmes au niveau de l'estomac, qui sont montés de plus en plus violemment me tordant de douleur, j'ai du finalement appeler SOS médecin tellement je me sentais mal, arrivé 3h00 après l'appel, qui a diagnostiqué une intoxication alimentaire. Or, c'est moi qui avait cuisiné la veille et fait les courses, je sais donc que tout était frais et que rien n'était à risque. Et, personne d'autre n'a été malade. J'en déduit donc que j'ai subit un engorgement vésiculaire à la connerie et je peux vous assurer que je ne suis pas prête de recommencer ce type d'excès, ce n'est vraiment pas bon pour ma santé.